Par Jean-Baptiste Latrémolière, ostéopathe D.O., cabinet OSTEOHM à Manosque.
Qu'est-ce qu'une cervicalgie ?
La cervicalgie désigne une douleur de la région du cou, c'est-à-dire des sept premières vertèbres (C1 à C7) et des structures qui les entourent : muscles, ligaments, disques et petites articulations vertébrales. Au quotidien, on parle simplement de « mal au cou », ou de « torticolis » pour les formes aiguës.
Comme pour la lombalgie, on distingue deux formes selon la durée.
La cervicalgie aiguë apparaît brutalement. Elle survient souvent au réveil après une mauvaise position, après un faux mouvement ou à la suite d'un choc, comme le « coup du lapin » lors d'un accident de voiture. La douleur est vive et le cou ne tourne presque plus.
La cervicalgie chronique s'installe sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Elle est souvent liée à une posture de travail mal adaptée, à un stress qui dure ou à des compensations venues d'une autre région du corps.
Les causes des cervicalgies
Causes mécaniques et posturales
Ce sont les plus fréquentes. Le travail prolongé sur écran, la tête portée en avant et les tensions des muscles sous-occipitaux, des trapèzes et des élévateurs de la scapula en sont les causes les plus courantes.
Les compensations à distance sont souvent négligées. Un manque de mobilité du dos (région thoracique), un problème d'articulation de la mâchoire ou même un blocage sacro-iliaque peuvent entretenir des tensions dans le cou. En ostéopathie, j'évalue toujours ces chaînes de compensation.
Cervicalgies après un traumatisme
Le « coup du lapin » est un mouvement brutal de flexion puis d'extension du cou qui abîme ligaments et muscles. Même sans fracture visible à l'imagerie, la perte de mobilité et les douleurs qui persistent peuvent être très gênantes. L'ostéopathie intervient une fois passée la phase inflammatoire du début.
Cervicalgies et stress
Le lien entre stress chronique et douleurs du cou est bien établi. Par l'intermédiaire du système nerveux autonome, les tensions psychiques se fixent volontiers sur le haut du cou et les trapèzes. Dans ces situations, j'associe des techniques neurovégétatives au travail mécanique.
Les signes qui doivent alerter
Certaines douleurs cervicales révèlent un problème qui demande un avis médical rapide :
une douleur apparue après un choc violent ;
de la fièvre avec une raideur de la nuque ;
des troubles neurologiques dans les bras (perte de force, fourmillements, perte de sensibilité) ;
un mal de tête brutal et très intense ;
une douleur nocturne forte qui ne se calme pas au repos.
Dans ces cas, je vous oriente vers un médecin avant toute séance.
Les symptômes associés
La cervicalgie vient rarement seule. Plusieurs troubles l'accompagnent souvent.
Les céphalées de tension et les céphalées d'origine cervicale sont les plus fréquentes. Les nerfs d'Arnold (nerfs grands occipitaux) sortent au niveau de C2 et C3 et peuvent être irrités par des tensions musculaires ou un blocage des vertèbres hautes. Les douleurs à l'arrière du crâne, les douleurs « en casque » et certaines migraines ont une composante cervicale sur laquelle l'ostéopathie peut agir.
La névralgie cervico-brachiale est due à la compression d'une racine nerveuse du cou, par une hernie discale ou de l'arthrose. Elle donne des douleurs dans le bras, l'avant-bras ou la main, parfois avec des fourmillements ou un engourdissement. L'ostéopathie peut soulager la part mécanique, mais un bilan médical complet est indispensable.
Les vertiges d'origine cervicale s'expliquent par des blocages des vertèbres hautes, qui perturbent les informations envoyées au cervelet sur la position de la tête. Ils donnent une sensation d'instabilité et répondent souvent très bien à l'ostéopathie.
Des acouphènes ou une gêne auditive peuvent enfin être favorisés par des tensions sur l'os temporal et le haut du cou, qui retentissent sur la trompe d'Eustache et l'oreille interne.
La prise en charge au cabinet OSTEOHM
Le bilan clinique
La séance commence par un entretien détaillé : circonstances d'apparition, évolution, symptômes associés, antécédents, métier et postures habituelles. Je réalise ensuite un examen neurologique rapide des bras (réflexes, sensibilité, force) pour écarter toute urgence.
Le bilan postural observe les courbures de la colonne, l'asymétrie des épaules et la position de la tête par rapport au tronc. Je teste ensuite la mobilité du cou, vertèbre par vertèbre.
Les techniques utilisées
Les techniques articulaires cervicales consistent en des mobilisations douces et progressives des vertèbres bloquées. Si c'est indiqué et en l'absence de contre-indication, j'utilise aussi des manipulations à haute vélocité et faible amplitude. Elles sont très efficaces sur les blocages aigus, à condition d'un bilan préalable rigoureux.
Le travail myofascial porte sur les muscles sous-occipitaux, les trapèzes, les sterno-cléido-mastoïdiens et les scalènes. Leur relâchement apporte souvent un soulagement rapide et durable.
Le travail sur le dos et le thorax est systématique, car la mobilité thoracique conditionne directement celle du cou. La jonction entre le cou et le dos est traitée à chaque séance.
Les techniques crâniennes sont utiles quand la cervicalgie s'accompagne de maux de tête ou d'un stress important. Elles apportent une détente profonde.
Les techniques neurovégétatives agissent sur le système nerveux autonome. Dans les cervicalgies chroniques entretenues par le stress, elles aident à rompre le cercle douleur, tension et stress.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Pour une cervicalgie aiguë récente (torticolis, blocage), 1 à 2 séances suffisent généralement.
Pour une cervicalgie qui revient ou qui dure, comptez 3 à 4 séances espacées de 2 à 3 semaines, en travaillant aussi sur ce qui l'entretient : posture, stress, poste de travail.
Pour des céphalées d'origine cervicale à répétition, un suivi sur 2 à 3 mois avec des bilans réguliers est souvent nécessaire.
Éviter les récidives
Le réglage du poste de travail est le premier levier. Un écran à hauteur des yeux, une bonne distance de lecture et un clavier bien placé changent souvent beaucoup de choses. J'interviens d'ailleurs régulièrement en entreprise sur la prévention des troubles musculo-squelettiques.
Les pauses actives comptent aussi. Se lever toutes les 45 minutes, faire quelques rotations douces du cou et bouger les épaules évite l'accumulation des tensions.
Enfin, la gestion du stress complète la prise en charge des cervicalgies liées aux tensions : cohérence cardiaque, respiration abdominale et activité physique régulière.
Prendre rendez-vous
Le cabinet OSTEOHM se trouve au 29 rue Grande, place Saint-Sauveur, à Manosque (04100). Je consulte du mardi au samedi, de 9h à 12h et de 14h à 19h.
Pour un torticolis ou une cervicalgie aiguë qui ne peut pas attendre, un créneau d'urgence est proposé de 19h à 20h. Il se réserve sur Doctolib avec le motif « urgence » (80 €).
Prise de rendez-vous sur Doctolib ou par téléphone au 06 68 76 97 16.
Tarifs : 70 € la consultation de 45 min, première consultation comprise. Les patients déjà venus peuvent aussi choisir une séance plus courte de 30 min, à 60 €. Consultation d'urgence : 80 €. Règlement par chèque, espèces ou virement.
Jean-Baptiste Latrémolière, ostéopathe D.O. (RNCP niveau 1), diplômé du Collège d'Ostéopathie de Provence Aix-Marseille. Formateur gestes et postures en entreprise (prévention des TMS).