Par Jean-Baptiste Latrémolière, ostéopathe D.O., cabinet OSTEOHM à Manosque.
Sciatique et névralgie crurale : deux douleurs à bien distinguer
Dans le langage courant, on appelle souvent « sciatique » toute douleur qui descend dans la jambe. En réalité, deux nerfs différents peuvent être en cause, avec des trajets et des implications cliniques qui ne sont pas les mêmes.
La sciatique correspond à une irritation ou à une compression du nerf sciatique, le plus long nerf du corps. La douleur part du bas du dos ou de la fesse et descend à l'arrière de la cuisse, dans le mollet et parfois jusqu'au pied. Elle suit le trajet L5 ou S1 selon la racine touchée.
La névralgie crurale correspond à une irritation du nerf crural, aussi appelé nerf fémoral, qui innerve l'avant de la cuisse. La douleur part du bas du dos ou de l'aine et descend sur l'avant de la cuisse jusqu'au genou, parfois jusqu'à la face interne de la jambe. Elle concerne les racines L2, L3 et L4.
Faire la différence compte, car les mécanismes en jeu et la prise en charge ne sont pas identiques.
Les causes : hernie discale, arthrose et syndrome du piriforme
La hernie discale
C'est la cause la plus connue. Quand un disque intervertébral s'abîme, son noyau peut faire saillie et comprimer une racine nerveuse. Les hernies L4-L5 et L5-S1 expliquent la majorité des sciatiques d'origine discale, alors que les hernies L2-L3 et L3-L4 donnent plutôt des névralgies crurales.
L'ostéopathie ne cherche pas à « remettre la hernie en place », ce qui n'est pas possible mécaniquement. Elle peut en revanche diminuer les tensions musculaires et fasciales autour du disque, améliorer la mobilité des vertèbres concernées et soulager la part mécanique de la compression.
Le syndrome du muscle piriforme
C'est une cause fréquente de sciatique, et pourtant souvent méconnue. Le piriforme est un muscle profond de la fesse. Lorsqu'il est contracturé, il peut comprimer le nerf sciatique. On parle alors de sciatique tronculaire, par opposition à la sciatique radiculaire d'origine discale. Ce type de sciatique répond particulièrement bien à l'ostéopathie.
Le diagnostic différentiel est essentiel. Une sciatique liée au piriforme ne s'accompagne d'aucun déficit neurologique. Elle est aggravée par la station assise prolongée et soulagée par le mouvement.
L'arthrose vertébrale et le rétrécissement foraminal
Après 50 ans, l'arthrose des articulations postérieures des vertèbres et le rétrécissement des trous de conjugaison (foramens) peuvent comprimer les racines nerveuses de façon chronique. L'ostéopathie aide à retrouver de la mobilité et à réduire la composante inflammatoire d'origine mécanique, dans le cadre d'une prise en charge pluridisciplinaire.
Les situations à ne pas manquer
Certains tableaux imposent une prise en charge médicale urgente avant toute séance d'ostéopathie :
un syndrome de la queue de cheval, c'est-à-dire des troubles urinaires ou digestifs associés à une sciatique des deux côtés, qui relève de l'urgence chirurgicale ;
un déficit moteur qui s'aggrave (pied qui tombe, impossibilité de se mettre sur la pointe des pieds) ;
une sciatique hyperalgique qui ne cède à aucun antalgique ;
un antécédent de cancer.
Dans ces cas, j'oriente immédiatement vers un médecin ou vers les urgences.
La prise en charge au cabinet OSTEOHM
Le bilan clinique
L'examen commence par un interrogatoire précis : trajet exact de la douleur, facteurs déclenchants, position qui soulage, antécédents de lombalgie, résultats d'imagerie si vous en avez. Je réalise ensuite un examen neurologique complet (signe de Lasègue, signe de Léri, réflexes, force musculaire, sensibilité) pour évaluer l'atteinte de la racine nerveuse et repérer tout signe d'urgence.
Les techniques utilisées
La décompression lombaire et sacro-iliaque repose sur des mobilisations douces. Elles cherchent à redonner de l'espace au niveau des foramens et à diminuer les tensions autour de la racine nerveuse.
Le travail sur le piriforme et les muscles fessiers est central dans le syndrome du piriforme. J'utilise des étirements myofasciaux progressifs, des techniques de relâchement post-isométrique et d'inhibition neuromusculaire.
Le psoas et les fléchisseurs de hanche sont toujours évalués. Un psoas contracturé accentue la cambrure lombaire et augmente les contraintes sur les disques L4-L5 et L5-S1. Le relâcher fait partie de chaque prise en charge de sciatique.
Les techniques viscérales ont leur place dans les sciatiques chroniques qui résistent. Le côlon sigmoïde, les organes du petit bassin et leurs ligaments ont des liens neurovégétatifs directs avec les racines L4, L5 et S1. Je les évalue donc systématiquement dans ce contexte.
Les techniques de drainage sont utiles quand la composante inflammatoire est marquée. Des mobilisations douces de la circulation lymphatique et veineuse du bassin peuvent réduire l'œdème autour de la racine.
En phase aiguë : quand et comment consulter ?
Une sciatique aiguë, avec une douleur intense, une contracture et des difficultés à bouger, peut bénéficier d'une prise en charge ostéopathique précoce. La condition est que l'examen neurologique ne montre ni déficit moteur ni signe d'urgence chirurgicale.
À ce stade, je n'utilise que des techniques douces, sans manipulation à haute vélocité. Le but est de diminuer la contracture de défense, de redonner un peu de mobilité et de vous permettre de mieux supporter la position allongée.
Pour les sciatiques aiguës très invalidantes, un créneau d'urgence est proposé en fin de journée (voir plus bas).
Combien de séances faut-il prévoir ?
Pour une sciatique aiguë récente sans déficit neurologique, comptez 2 à 3 séances, puis une réévaluation.
Pour une sciatique chronique ou qui revient régulièrement, il faut souvent 4 à 6 séances sur 2 à 3 mois, en lien avec le médecin traitant et le kinésithérapeute lorsqu'un renforcement musculaire est nécessaire.
Pour un syndrome du piriforme isolé, sans hernie discale, 2 à 3 séances suffisent en général, avec des auto-étirements à faire entre les rendez-vous.
Éviter les récidives
Les règles de prévention sont proches de celles de la lombalgie : activité physique régulière, renforcement des abdominaux profonds, poste de travail bien réglé et gestion du stress.
Pour les sciatiques à répétition, deux éléments sont souvent oubliés : la rééducation proprioceptive et le renforcement du grand fessier. Je coordonne cette partie du travail avec des kinésithérapeutes partenaires.
Prendre rendez-vous
Le cabinet OSTEOHM se trouve au 29 rue Grande, place Saint-Sauveur, à Manosque (04100). Je consulte du mardi au samedi, de 9h à 12h et de 14h à 19h.
Pour une sciatique aiguë qui ne peut pas attendre, un créneau d'urgence est proposé de 19h à 20h. Il se réserve sur Doctolib avec le motif « urgence » (80 €).
Prise de rendez-vous sur Doctolib ou par téléphone au 06 68 76 97 16.
Tarifs : 70 € la consultation de 45 min, première consultation comprise. Les patients déjà venus peuvent aussi choisir une séance plus courte de 30 min, à 60 €. Consultation d'urgence : 80 €. Règlement par chèque, espèces ou virement.
Jean-Baptiste Latrémolière, ostéopathe D.O. (RNCP niveau 1), diplômé du Collège d'Ostéopathie de Provence Aix-Marseille.